PANNES A FORT CUISSARD - LA BATTERIE EST EN DANGER



PANNES A FORT CUISSARD - LA BATTERIE EST EN DANGER !

 

 

 

 

Ce matin nous étions réunis à 7h30 aux Bruyères comme à l’accoutumée avant le départ vers nos parcours respectifs. Une bonne vingtaine de cyclos de nôtre section SOH étaient présents à la fraîche pour éviter les ardeurs des rayons de l’astre du jour. Rayonnement se mariant à un vent chaud en provenance du Maghreb dont l’union nous donnait une belle canicule.

 

Pourtant ce jour nous étions bénis des dieux du cyclisme, 19° au thermomètre au départ, 20° tout au long de la route et 24° à l’arrivée, des températures raisonnables avant l’explosion du cagnard. Pourtant ce dimanche nous avons pu constater l’après-midi que la chaleur était en recul dans nôtre belle région, loin des 35° à l’ombre de la veille. Ouf nous pouvions respirer et pédaler à plein régime.

 

Nous partons tout groupe confondu jusqu’à Conflans-Sainte-Honorine, et j’ai le plaisir d’échanger avec Gérald sur le dernier Tour de France qui était riche en rebondissements : depuis la victoire de Geraint Thomas sur un Chris Froome quelque peu désavoué et mal à l’aise sur ce Tour 2018, à tel point que l’on avait l’impression que Froomy s’effaçait volontairement pour laisser son co-équipier devenir le Boss de la Sky. Nous évoquions aussi l’ascension de Julian Alaphilippe, le « chouchou » du public qui se cherche toujours un nouveau Poulidor, mais ici plus d’éternel second, mais un grimpeur de premier calibre qui est numéro 1 dans sa catégorie et qui est l’honneur du maillot à pois rouge qu’il portait fièrement. Nous avons pu voir lors de ce Tour qu’il y a beaucoup de français dans les différentes équipes présentes sur la grande boucle, y compris jusqu’à la Trek Segafredo en la personne de Julien Bernard. 

 

Romain Bardet, Julien Bernard, Julian Alaphilippe, Warren Barguil, Yohann Offredo, et bien d’autres, le cyclisme français prend des muscles, et peut-être dans l’un de ces noms sortira le futur Jacques Anquetil ou Bernard Hinault, signant le retour des français dans les meilleurs sur le Tour de France. Pour l’heure c’est la Grande Bretagne qui domine avec la Sky, mais gageons qu’un jour pas si lointain, nous pourrons acclamer de nouveau un champion vainqueur du Tour de France originaire de nôtre belle France. 

 

Après ces quelques considérations sur le TDF 2018, nous arrivions à notre point de pause de Conflans-Sainte-Honorine, où les groupes se forment définitivement avant de s’élancer sur les routes yvelinoises sous un soleil presque de plomb ce jour.

 

Nôtre Groupe 3 était heureux de se retrouver, nous formions un véritable « band of Brothers » pacifique, non pas des frères d’armes mais des frères de la petite reine, une bande de frères réunis par l’amour du vélo, où sur le front de la route, personne ne laisse seul un soldat égaré de la pédale. 

 

Il y avait Serge P., Daniel P,  Daniel et Josette F. , ., Michel « Lapin », Thierry B, Gilbert « le Marathonien » , un ami dont je ne connais pas le prénom et moi-même, soit 8 cyclistes du groupe 3.

 

Et avec nos amis « Le Lapin » et Serge P., les blagues fusaient comme dans un véritable show de Jean-Marie Bigard, donnant du soleil de coeur à notre petite troupe cycliste.

 

Nous avions pour capitaine de route Serge P. Qui est un véritable GPS vivant et sans faille, avec lui nous pourrions aller au bout du monde sans nous perdre ! 

 

Gilbert songe à changer de vélo, car il pense que sa géométrie n’est plus adapté, il en a marre de galérer dans les montées. Marathonien, il carbure grave sur un vélo, en fait, perfectionniste, il ne se rend pas toujours compte qu’il est très fort sur son vélo. Maintenant il est vrai que la géométrie des vélos a évoluées, de nos jours les bases sont plus longues que naguère, est ces vélos de nouvelles générations semblent plus facile que les anciens qui sont plus difficiles. Mais ce qui compte c’est les jambes et le mental, il n’est par rare de voir des cyclistes rouler très vite avec des cycles qui datent des années 1960 avec les vitesses encore au cadre et des bases courtes ! En cyclisme il n’y a pas de règle, il n’y a que des ressentis personnels, chacun est en phase avec sa machine et en tire le mieux. 

 

Le parcours de 60 km fut riche en rebondissements : 

 

1°) La chasse à course cycliste :

 

Sur le retour nous prenons à droite lors de la sortie de la passerelle Saint-Nicolas à Conflans-Sainte-Honorine, Thierry est devant. Je suis Thierry à environ 10 mètres, et derrière nôtre Lapin qui est un gibier de qualité, et un peu plus loin nos autres ami(e)s cyclistes.

 

Et tout à coup surgit un chien de chasse, un magnifique Fox-Hound qui doit penser que Thierry et son vélo forment une sorte de grand Cerf, (pourtant nous ne sommes pas au carrefour du même nom.) Notre Thierry est obligé de passer en petit braquet et de foncer droit devant pour semer le chien ! Et il réussit haut la main à le semer ce brave toutou qui avait bien envie de mordre les mollets de Thierry.

 

Puis le Fox-Hound repère un gars tout en rouge, idéal comme nouvelle proie… et le voila qui aboie et me fonce dessus par le travers. Oups… Décidément pas commode le toutou. Même manoeuvre que Thierry je passe le petit braquet et je fonce droit devant comme Thierry. Du coup le chien saute vers un vélo avec son cycliste qui n'est plus là, mon accélération l’ayant surpris visiblement. Heureusement que la route était bien dégagée devant. Je vois dans mes rétros le chasseur à quatre pattes s’éloigner, mais il me course toujours pendant quelques secondes puis s’écarte et rebrousse chemin. Heureusement que le vélo permets de s’évader vite !

 

Et un coup de chance que le Fox-Hound n’avait pas repéré le Lapin, un gibier tout de jaune vêtu car il aurait du aussi sprinter. 

 

 

Quand nos amis nous rejoignent, ils se demandent pourquoi Thierry et moi avons pris une telle avance sur le groupe… Ont-ils voulu s’amuser à faire la course? Même-pas… nous leur racontons nos aventures avec le chien de chasse, et heureusement, personne dans le reste du petit peloton n’a vu ce chien féroce… Distancé par deux étranges créatures à deux roues, ce beau toutou a du se dire qu’il préférait retourner à sa sieste qu’a pister les cyclos ultra-rapide du groupe 3 lorsqu’ils ont des chiens féroces aux fesses.

 

 

2°) La batterie est en danger  :

 

 

J’entends un drôle de bruit comme un cliquetis sourd depuis un moment sur la route, je me dis que ce n’est rien, et je continue avec mes coéquipiers du groupe 3 la route.

 

Puis tout à coup sur une bosse, la plus grosse bosse de notre parcours, je cale direct et manque de m’étaler au sol… Je ne peux plus passer mes vitesses, la chaîne restant bloquée sur le petite braquet. C’est la batterie de mon dérailleur électronique qui vient de rendre l’âme faute de charge suffisante.

 

Et me voilà obligé de descendre de vélo…je remonte sur mon cycle et je tente des relances mais rien n’y fait, je suis bloqué avec ce satané braquet. Serge arrive alors royal sur son Cannondale et s’aperçoit que la technologie du XXIe siècle embarqué sur les vélos de route a son revers : plus de batterie, donc plus d’électricité, donc il n’est plus possible de changer ses vitesses et si la route n’est pas pile poile correspondante au braquet bloqué, c’est l’enfer !

 

Serge en véritable frère de vélo, descend du sien, alors qu’il n’était pas obligé et solidaire avec mes malheurs non pas de Sophie mais de cyclo, m’accompagne à pied tout en haut de la grosse bosse… Je dis à Serge d’y aller, de ne pas m’attendre, mais rien n’y fait, il m’attends et m’accompagne. Serge aurait été un excellent officier dans l’armée ne laissant pas ses hommes au combat. Après une montée à pied difficile, car marcher en « Donald » (canard de Walt Disney) avec des cales pédales, ce n’est pas une sinécure, autant l’ont est aérien en vélo avec les cales pédales, autant ont a l’air de canards maladroits à la marche avec ce type de chaussures faites pour faire un avec le vélo.

 

 

 

Arrivé en haut de la côte je remonte en selle, et je trouve aussi Daniel F qui nous attendait tous deux. J’apprécie cet esprit de fraternité, de camaraderie, qui dans un monde individualiste devient rare. C’est aussi le privilège du sport de garder un esprit d’équipe authentique, non pas basé sur la rivalité mais sur l’estime réciproque de chacun. C’est ce que les anciens Grecs pétris d’Olympisme appelaient l’équipe fraternelle traduit par les prétoriens romains en la célèbre devise « Force et Honneur ». Car dans le cyclisme à tous les niveaux, il y a quelque chose du combat sur la route, combat avec soi-même, combat avec les autres lors des compétitions.

 

Une dernière impulsion électrique avant la mort totale de la batterie me fait sauter la chaine sur un grand pignon, l’horreur, je dois pédaler à toute vitesse pour faire avancer le vélo sur du plat… digne d’un dessin animé de Tex Avery et je vous raconte pas la tête des autres cyclos rencontrés à contre sens ou des automobilistes qui se demandaient pourquoi ce cycliste pédalait ainsi à toute vitesse sur son vélo… je comprenais alors le sens au propre de l’expression « pédaler dans la choucroute » pourtant je ne suis pas Alsacien.

 

Josette trouve dommage qu’une telle technologie amène au final à bloquer le cycliste sur la route, sans possibilité d’utiliser correctement son vélo. Le dérailleur électronique est quelque chose de très efficace, il a été inventé pour pouvoir passer les vitesses rapidement et sans déraillement aucun de la chaîne. C’est en quelque sorte un « mini-robot » qui passe pour vous les vitesses avec la rigueur mathématique d’un logiciel. Mais quand cela ne fonctionne plus, c’est la panne.

 

Il est dommage que les fabricants ne permettent pas une solution mixte : un dérailleur électronique certes, mais avec une possibilité en cas de panne de batterie de pouvoir ensuite passer les vitesses en manuel, comme par exemple dans une voiture automatique où il est possible de passer en manuel « à l’ancienne ».

 

L’autonomie d’une batterie de dérailleur est d’environ 3000 km dans cette version récente, mais quand c’est la panne c’est la misère sur la route.

 

Il faut donc bien veiller à rechercher sa batterie et à ne pas oublier de le faire. Une solution sécurité est de prendre une batterie de charge portative, utilisée par exemple pour les portables (1,5 volt en sortie), avec le câble adéquat, dans la sacoche de selle, une recharge de seulement 10 minutes permets de recharger les vitesses et les plateaux et de rentrer correctement chez soi si le parcours n’est pas trop long. Sinon c’est 3 heures de charge avant un nouveau départ pour une autonomie de 3000 kilomètres.

 

En 1900 à l’orée du siècle le cycliste se bardait de boyaux en cas de crevaison, en 2018, on peut prendre une batterie de charge en plus de sa pompe à vélo !!! Comme quoi les temps changent.

 

Cela étant le dérailleur mécanique reste une source fiable, à l’abri des pannes électriques. Cependant rien n’est infaillible, car pour la petite histoire je roulais l’autre jour en VTT quand mon pignon resta bloqué également sur le petite braquet, ici le câble s’était rompu et impossible de passer les vitesses, pourtant ce n’était pas une batterie mais un bon vieux câble, mais cette fois peut être trop vieux… Résultat même punition rentrer avec une seule vitesse ! Certes c’est la mode des vélos « fixies » à une seule vitesse, mais quand même il faut pas pousser… cela s’appelle la loi des séries et ici batterie ou câble, rien n’y fait, comme disent les arabes « mektoub » (c’était écrit). 

 

 

3°) FORT CUISSARD :

 

 

Arrivé à notre pause après les 33 premiers kilomètres, nous nous arrêtons pour le casse-croute énergétique. Qui prend sa barre de céréale ou ses pattes de fruit, et une franche rigolade commença à fuser quand Thierry remarqua que notre Lapin avait un bidon étrange, jaune et rouge, qui ressemblait à un bidon de moutarde, et il s’est dit « il carbure à la moutarde c’est pour cela qu’il roule avec le feu au c… »… Rire général de l’équipe 3, et voilà que Thierry inspiré par l’esprit de Thierry le Luron lui dit « si tu portais une perruque tu ressemblerais au Père Fourras » de Fort Boyard… puis d’autres cyclos renchérissent en disant « mais non, tu ressembles au mec qui joue dans Camping Paradis »… et les comparaisons cinématographiques avec notre lapin fusent de toute part, jusqu’a un gendarme de Saint-Tropez !!!!

 

Oui vous l’aurez deviné c’est une vraie vedette notre Michel dit « le Lapin ».

 

Puis on se dit qu’on devraient tous s’inscrire à Fort Boyard, avec nous cela aurait de la gueule !! Mais qui osera faire l’épreuve du vélo de Fort Boyard, vous savez rouler sur une poutre dans le vide à 20 mètres de hauteur pour aller prendre l’indice ! Et Thierry de dire « bah tu roules sans regarder en bas, droit devant et tu prends l’indice » comme quoi on doute de rien au Groupe 3.

 

Avec nous Fort Boyard, deviendrait Fort Cuissard avec nos cuissards jaunes et bleus.

 

Et on verrait bien Thierry lutter contre Mister Boo et Serge P répondre aux questions du Père Fourras, quant au Lapin, inutile de dire qu’il en irait en compter à la Reine Blanche !

 

Un moment donné sur ces échanges plein d’humour notre groupe 3 s’était transformé en Fort Cuissard.

 

EPILOGUE :

 

Ce parcours de reprise pour plusieurs d'entre vous fut un vrai plaisir, nous sommes passé à travers bois avec une partie dans la Forêt de Saint-Germain, on aurait pu se croire en VTT pendant un moment, cela faisait du bien de sentir la fraîcheur avec cette chaleur qui montait inexorablement sur le bitume.

 

Après cette folle matinée, où nous avons roulé fort et vite, le Lapin était cuit comme ma batterie, pour ma reprise je m’écroulais sur mon lit cuit également, et on s’est donné rendez-vous à jeudi prochain pour de nouvelles aventures cyclistes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Galleries de photographies :

Données GPS - Jonathan Groupe 3

Charge de la batterie !

HUMOUR

Quelquefois les designers de nos bidons vélos commettent quelques étranges copies... Il est vrai qu'entre le bidon du Lapin et un bidon de moutarde de Dijon les différences sont minimes... même couleurs. Qui de qui à imité les couleurs du maillot Jaune? sourire. Notre Lapin carbure-t-il à la moutarde de Dijon d'où sa légendaire rapidité?