160 KM D'UNE BELLE RANDONEE



Le superbe château de Chantilly qui marque dans la randonnée le retour vers Maisons-Laffitte. La moitié du parcours environ est fait ici. Le ravito de Chantilly est sans dire le bienvenu, merci à l'USML pour l'organisation du fléchage et la qualité des ravitaillements.


Nous sommes 9 cyclos de nôtre club à être présent pour courir cette randonnée de selle en selle qui relie Maisons-Laffitte à la belle ville de Chantilly et retour, soit un périple de 160 km avec un bonus d'une dizaine de kilomètres  pour nous qui partons de Houilles. 

 

Notre ami Serge Pangrazzi est venu à 7h30 aux Bruyères pour nous encourager de paroles positives et d'un beau sourire, pendant que Pierre F était attentif à noter les différents présents de nôtre section qui participait à ce rallye organisé comme chaque année par l'USML (Union Sportive de Maisons-Laffitte).

 

Serge B se lance et nous le suivons tous en direction de Maisons-Laffitte, pour nous inscrire. Arrivé au complexe sportif, il y a déjà du monde présent.

 

De nombreux club sont là des Yvelines, mais aussi venant de plus loin. L'événement est suivi tous les ans par nombres de cyclistes qui aiment rouler sur ce parcours présentant des paysages variés avec une gamme complète pour le vélo : des parties roulantes, des bosses, des descentes, il y en a pour toutes les pratiques et les goûts.

 

Nous partons groupés après avoir été dument photographié en groupe, hélas le photographe ne m'a pas vu dans le cadre de son viseur, mais je suis bien présent aux côtés des membres du Groupe 1 ! Je suis le seul membre du Groupe 3 a participé à ce parcours. Pierre F me fait rouler dans sa roue pendant une bonne partie des 30 premiers kilomètres, c'est très sympa, cela me donne un rythme, ce n'est pas évident, car Pierre et les autres membres du Groupe 1 sont des cyclistes puissants et costauds, ils roulent vite et fort que cela soit en plat, en bosse ou en descente ! Ils pourraient participer à des courses UFOLEP sans problème s'ls le voulaient.

 

Arrivé à la première grosse bosse à environ 30 km de notre départ, je laisse filer les amis du Groupe 1, car ils vont trop vite et trop fort, et je risque de me cramer à vouloir les suivre.

 

 

 

 

Je trouve sur ma route ces deux cyclos d'un club du Vexin super sympa avec qui je roule de concert pendant de longs kilomètres. Ils sont aussi très forts, car leurs vélos sont équipés "lourdement" de garde boue et de porte bagage, pourtant ils roulent aussi fort mais moins rapidement que les étoiles filantes du Groupe 1 de nôtre SOH cyclo.

 

C'est sympa de pouvoir faire des rencontres cyclistes sur des parcours qui restent long, surtout lorsque l'on est en rase campagne au milieu de nul part, bordé par des champs de maïs ou de blé et des prairies bordés d'arbres.

 

Dans les bosses le cycliste qui avait une sacoche jaune était très fort, il roulait vite et se retrouvait tout en haut alors que moi et l'autre cycliste étions encore "en bas" de la bosse à peiner pour avancer ! mais sans une seule fois poser pied à terre.

 

Il y avait sur ce parcours 3 bosses assez imposantes pour mon niveau, elle débutait à 4 % mais se terminaient toutes à 10 %, très dur, mais cela décrasse les mollets. On a l'impression d'avancer au ralenti par rapport à l'allure sur du roulant. A un moment j'ai atteint la vitesse faramineuse de 7 km/h au point culminant des 10%. Il fallait tirer dur sur les pédales pour fournir du rendement... Arrivé en haut tout essoufflé, le palpipant battant la chamade, je pense avoir laissé dans ces bosses une bonne partie de mon capital énergie du jour, mais bon, il m'en restait encore heureusement.

 

 

 

 

Le premier ravito était situé à Haravilliers dans le Venin français. Une adhérente de l'USML nous indiquait d'aller à gauche en ralentissant la cadence, afin de nous ravitailler et d'obtenir le premier "coup de tampon" attestant notre passage en ce premier check point cycliste.

 

Toutes sortes de choses nous attendaient : pains d'épices, pâtes de fruit, café, eau sucrée ou pas, pain, etc.

 

Cela fait du bien d'avaler un petit morceau énergétique avant de continuer la route qui était alors encore longue avant Chantilly. Nous avons de la chance pour l'instant la pluie nous a épargné et le soleil et quelques trouées de bleu dans le ciel se montrent.

 

Après une halte de quelques minutes, nous repartons tous, les routes du Vexin sont toujours impressionnantes, de beaux toboggans où il est possible de lâcher son vélo pour atteindre de bonnes vitesses et de garder une inertie efficace pour ensuite remonter le toboggan ! Cela avance presque tout seul sur ce genre de route, c'est bon pour économiser les forces.

 

Il y a des voitures, des camionnettes que nous croisons ou qui nous double, mais la circulation n'est pas dense en ce samedi, mais il faut toujours rester prudent malgré tout avec les véhicules autour de nous, même s'ils sont pas nombreux.


Ici et là des cyclistes percent, ils doivent alors s'arrêter pour réparer au plus vite. Souvent à deux, rarement seuls, c'est cela la solidarité cycliste.

 

 

Peu à peu le soleil devient blafard, le ciel se couvre et commence à devenir menaçant... au loin un arc-en-ciel témoigne qu'une averse est tombée.

 

Mais pour l'instant quelque gouttes tombent, mais si peu, que c'est presque imperceptible.

 

Le paysage prend des allures presque fantastiques avec ces couleurs grises et un soleil d'Automne qui montre bien que l'été et bel et bien terminé. Pour une fois malgré le changement climatique, la saison est bien marquée !

 

De toboggan en toboggan, de longue partie roulante, j'ai une seule pensée : l'arrivée à Chantilly.

 

Mais un petit hic arrive, celui de travaux sur la chaussée dans plusieurs villages, mais le pire c'est que l'axe qui traverse un de ces villages est totalement défoncé... Il n'y a plus de bitume, il a été ôté, à la place du gros gravier, mêlé de filets de métal qui sont pris dans une sous couche bitumée. Du coup notre rallye se transforme pour un moment en. une sorte de mini "Paris-Roubaix". Mon vélo vibre beaucoup en passant sur cette partie du trajet,, et je vois des cyclistes s'arrêter car crevant sur cette partie "sale" du parcours du aux travaux. Une section est carrément pleine de terre battue avec du gravier, la pluie commence à tomber et transforme vite cette terre en partie boueuse... oui c'est un Paris-Roubaix en miniature...

 

Deux cyclistes au beau maillot "star war" percent aussi et doivent s'arrêter changer leur chambre à air. Je croise les doigts, je suis équipé de pneu réputés indestructibles des Continental 4 saisons, de plus mon vélo est un vélo de classique fait pour justement le Paris-Roubaix ! Alors j'espère ne pas crever à mon tour et ouf... je passe sans crever mes chambres à air sur cette partie vraiment problématique du aux travaux de voirie.

 

Mais au bout de ce village un carrefour aux abords défoncés par la travaux, et le marquage à disparu ! Horreur... plus de marquage, quelle route prendre? Et je prends la mauvaise voie... et je parcours une quinzaine de kilomètres pour rien, je m'aperçois que les marquages ne sont plus là et donc ma route n'est pas la bonne. Je reviens sur mes pas et je me refais une quinzaine de kilomètres pour le plaisir... en rattrapant la bonne route. 

 

Je retrouve d'autres cyclos avec lequel je roule. C'est la loi des randonnées cyclistes, on roule avec des cyclos, puis avec d'autres, au grès des aventures de la route et des erreurs de parcours du à des travaux routiers. Mais pour moi le pire est à venir... D'autres travaux de voiries dans un autre village... décidément les entreprises de voiries se sont donnés le mot ! et le marquage à encore disparu à un autre carrefour. J'avais pris un peu d'avance sur le petit groupe que j'avais rencontré, donc je suis seul, erreur de ma part... je prends encore la mauvaise direction et cette fois je roule longtemps, entêté je persiste sur la mauvaise route, et je me retrouve cette fois loin, dans la ville de Creil !!!! Qui n'est pas du tout dans le parcours ni dans la carte remise par les autorités de l'USML.

 

Là je me rajoute pour rien de nombreux et interminables kilomètres, je retrouve ma route en faisant une grosse boucle et non en revenant sur mes pas, enfin je vois sur des panneaux la route de Chantilly... Le but à atteindre, encore une bonne trentaine de kilomètres et je serais à Chantilly.

 

J'arrive enfin au Ravito qui était en train de plier bagage... car j'ai une heure trente de retard sur l'ensemble des participants. Comme me disait un organisateur, je croyais avoir pris le dernier cyclo, je me trompais, le dernier c'est vous !!!! et l'équipe Ravito Chantilly se mets en quatre pour me donner à manger, car ils avaient tout pliés et s'apprêtaient à partir ! Ils remarquent aussi une anomalie à mon compteur qui indique 125 km ... or la distance Maisons-Laffite / Chantilly organisée par l'USML n'est pas de 125 km à ce point. Cela montre que j'ai fait de nombreux kilomètres pour rien suite à deux perditions "because" disparition de marquage suite à des travaux et je ne suis pas égaré qu'a moitié !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A gauche la photo "du dernier des mohicans" de ce rallye qui est donc arrivé avec une 1h30 de retard au planning. D'ailleurs c'est moi qui fermera la barrière avant de partir, étant resté seul quelques instants volontairement pour reprendre quelques forces car j'étais déjà bien fatigué ! mais je voulais continuer coûte que coûte.

 

Je reprends la route et je découvre le très beau parcours passant près du château de Chantilly, et dans une partie de la forêt. Dans la forêt une petite portion d'environ 30 mètres passe par une piste non bitumée qui conviendrait mieux à un VTT qu'un vélo de route. Heureusement je ne perce pas et je me demande si d'autres cyclos ont percés ici? L'endroit est beau, un étang avec des oiseaux et un hôtel de luxe où des gens prennent un café attablé en bordure du plan d'eau et qui me regarde passer comme un extra-terrestre surgissant des bois. Une belle petite descente dans le bois permet de reposer mes mollets, mais mauvaise nouvelle il commence à pleuvoir crescendo. Et au sortir de la forêt c'est la douche écossaise. Pas une petite pluie, mais des sceaux d'eau. Je m'arrête en bord de route pour enfiler une tenue imperméable que j'avais dans une de  mes poches arrière, heureusement, sinon j'étais trempé et glacé car il y avait en bonus des rafales de vents à ce moment là...

Le magnifique étang, l'hôtel de luxe en bordure du plan d'eau et la piste...déjà la pluie menace

Maintenant la pluie tombe drue, ce n'est pas une petite pluie, la chaussée devient miroir sous l'eau, je me prends de l'eau et j'ai l'impression d'être sur un bateau au coeur d'une tempête ! Heureusement mon imper me garde au sec, mais pas au chaud... L'humidité, le sentiment de froid, commence à me miner. D'autant plus que mon compteur indique déjà 140 km.... alors que je suis très loin de Maisons-Laffitte, si je continue jusqu'au bout ce n'est pas 160 km mais au moins 220 km environ que j'aurai fait. Est-ce à ma portée?

 

Je veux y croire... mais je me retrouve je ne sais comment sur une route nationale avec des camions qui lorsqu'ils me double m'envoie des flots d'embrun... mon vélo tangue à chaque fois et avec la route mouillée par la pluie qui tombe fort, je commence à fatiguer, j'ai encore parcouru des kilomètres, mon compteur indique maintenant 153 km. à ce moment, mais étant encore loin, très loin, je trouve que cette nationale n'est pas terrible sous ce temps, c'est un peu "dangereux", donc je décide d'en sortir à la première sortie, et je me retrouve sur une petite route comme celle de notre parcours, mais hélas aucun fléchage, rien... j'en déduis que je suis définivitement en perdition... Et mon compteur indique 160 km et d'après le GPS il reste encore au. moins 45 km au point d'arrivée pour le retour.

 

Pour mon niveau j'estime avoir fait l'épreuve malgré tout car j'ai bien 160 km au compteur, mais il en reste beaucoup à faire et la flotte m'use, me fatigue, arrivé dans un village je décide d'arrêter là car je n'ai plus de forces, cela va au-delà de ce que je peux faire. Etant du Groupe 3 je ne suis pas habitué aux grosses distances comme celles qui s'annoncent ! 

 

Je trouve un vieil abri bus désaffecté, j'appelle alors au téléphone ma femme pour venir me chercher, je suis épuisé,  j'ai froid, je peux plus avancer, de grosses crampes sont là. Au compteur exactement 165, 54 km. J'ai fait le parcours en nombre de kilomètres sans pouvoir l'achever réellement, d 'où un gout d'inachevé mais je ne suis pas entrainé pour faire 200 km et plus...

 

Une heure trente plus tard, Annie me récupère enfin, contente de me retrouver  et moi avec la joie d'un véritable naufragé de la route venant voir arriver les secours !  A la maison je m'écroule de fatigue, et pendant deux jours je vais avoir des malaises vagal : vertiges, migraine et des nausées, signe que je suis allé aux limites de mes possibilités et qu'il était temps que je m'arrête. J'étais donc en défaillance physique. Mais je suis heureux d'avoir fait les 160 km, certes à ma manière, pas tout à fait comme prévu, mais je les ai bien dans les jambes et elles me le font savoir !

 

Après de nombreux Efferalgans, des anti-nauséeux et un repos de récupération obligatoire, je reprends mes forces convaincu que l'année prochaine je pourrai faire ce rallye d'une part sans me perdre grâce à un nouveau GPS et d'autre part que j'arriverai à bon port et non perdu en rase campagne quelque part dans l'Oise...

 

Sportivement.

 

Jonathan

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